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Les hôtes bénévoles d’Escale estuaire sur le port de Bassens

Pierre Haffreingues et Guy Bardin sur la passerelle du « Verity ».
© PHOTO PHOTO Y. D.

Le gris enveloppe le port industriel, du haut des grues au pavé humide. 26 novembre, 9 h 30. Dans le local de l’association Escale estuaire, en bord de Baranquine, le café chatouille les narines, le mercredi est jour de permanence et d’effervescence. Sous le toit d’un ancien pavillon un rien décati, les bénévoles de la jeune association se retrouvent autour des dossiers. Des gros : celui d’un lieu d’accueil pour les marins, à ouvrir dans un an, après quarante d’absence. Des plus quotidiens, comme la visite des équipages qui viennent d’accoster au port. Comme tous les Seamen’s clubs du monde, celui-ci a pour mission première d’apporter accueil, conseil et assistance aux marins.

Le sésame Seamen’s club

« On y va ? » Guy Bardin, président d’Escale estuaire, et quarante ans de travail au port, hèle ses deux collègues. Claude Vidaillac chausse ses lunettes, Pierre Haffreingues noue son écharpe rouge. Le véhicule serpente entre et sous les grues de débarquement. « Le site du port et de la capitainerie indique les mouvements de bateaux », renseigne M. Haffreingues. « Cela nous permet d’organiser la tournée des visites. » Sur le gilet jaune de Guy Bardin, les mots Seamen’s club sont un sésame universel sur les quais. Premier arrêt devant le « Harlequin » battant pavillon chypriote. 144 m de tournesol à décharger. Les trois hommes grimpent la passerelle. Les marches glissent et la corde nous hisse sur un pont impeccable.

9 h 50. « Good morning and welcome at Bordeaux ! » L’anglais est impeccable aussi. Pierre Haffreingues a fait lui aussi sa carrière sur ces plates-formes, ancien agent maritime consignataire chez CMA-CGM. Les sourires des deux jeunes marins sont courtois. « L’équipage est Ukrainien, nous sommes 18 », explique Maksym Rudskyi. « C’est la première fois que nous venons en France. » Au-dessus de ses yeux clairs et de son casque, on voit la pelle de la grue prélevant les graines de tournesol dans le bateau.

« Nous leur demandons quels sont leurs besoins et leurs envies pendant les quelques jours qu’ils passeront ici », explique Guy Bardin. « Communiquer avec leurs familles revient souvent. Nous leur proposons de les amener faire quelques courses ou de découvrir la ville. » L’autre marin, Dmytro, confirme : « Les Seamen’s clubs sont très utiles pour nous », dit-il. « Pouvoir se détendre dans un endroit autre que le bateau, boire une bière ou deux, jouer au billard, surfer sur Internet… » Pour tout cela, ils devront donc revenir dans un an : la maison du marin sera alors ouverte, proposant tous ces services. Quelques minutes de discussion plus tard, rendez-vous est donné à 13 heures sur le quai : avec leurs voitures personnelles, deux des trois bénévoles emmèneront sept marins au centre commercial des Quatre Pavillons, à Lormont. « Dans un mois et demi, on aura un fourgon-navette spécialement dévolu à ça », explique Claude Vidaillac. « Ce sera déjà un sacré progrès. »

L’accueil du « Verity »

« See you at 1 PM », lance Pierre aux Ukrainiens. Trois cents mètres plus au sud, le pavillon de l’île de Mann balise la poupe du « Verity ». Dans les cales, de l’engrais à décharger. L’accueil jovial des marins philippins tranche avec la… sobriété ukrainienne. On ne reste pas sur le pont : Claude, Guy et Pierre sont invités de suite à prendre place dans le salon-salle à manger de ce navire de 91 m. « Nous sommes arrivés hier soir, nous repartons ce soir », explique un marin en nous proposant un café.

Sur les murs, des photos du monde entier. Le bateau est équipé d’Internet, pas de souci là-dessus. « Ils ne savent pas pour où ils partent ce soir », sourit Pierre Haffreingues. « Nous rencontrons souvent des équipages auquel le commandement dit en fait très peu de chose. » Quatre Philippins, un Indonésien et deux Anglais composent l’effectif du « Verity » dont on descend sur le coup de 10 h 25.

Le trio d’Escale estuaire va continuer son périple vers le Florence, cargo céréalier. « Ils sont de La Rochelle, les besoins ne devraient pas être trop importants », sourit Claude Vidaillac. » 9 h 30. Le gris s’éclaircit.

Source: Sud Ouest
par  Yannick Delneste
mardi 2 décembre 2014

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