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La liquidation de l’Agism, qui gère les hôtels des gens de mer dont celui du Havre, va être prononcée

Quid de l’accueil des marins abrité historiquement par l’Agism (Photo Salomé Pereira)

L’éclaircie n’aura duré que trop peu de temps. L’Agism est à nouveau dans la tourmente. L’Association de gestion des institutions sociales maritimes, qui exploitent les hôtels des Gens de Mer répartis dans les grands ports français, va vraisemblablement être placée en liquidation judiciaire. Une audience est prévue au tribunal de grande instance de Paris le 18 février avec une décision attendue le 25 février.

« La commissaire au suivi du plan a fait la demande de liquidation auprès du tribunal. Nous n’avons pas pu honorer la première échéance du plan. Nous sommes en situation de cessation de paiement »,confesse Alain Guigonis, secrétaire général de l’Agism.

Pour l’association, la traversée du désert remonte à plusieurs années. Institution mise en place en 1946 pour accueillir les marins en escale à des coûts avantageux, les Maisons des gens de mer ont ouvert leurs portes en 1999 à tous les publics pour générer de nouvelles ressources. Un premier pansement qui n’aura pas suffi à stopper l’hémorragie même si certains des établissements, comme Le Havre, affichaient une bonne santé financière.

Scénario écrit

En mai 2013, l’Agism était placée en redressement judiciaire. Contrainte de devoir faire face simultanément à une chute de la fréquentation de ces établissements et surtout à la perte de la subvention historiquement versée par l’État via l’Etablissement national des invalides de la Marine (Enim) et la Direction des affaires maritimes, l’Agism a mis genou à terre.

Sans ses aides, l’association se savait sacrifiée entraînant dans la débâcle les hôtels et leur personnel. La partie n’était pourtant pas perdue.

En janvier 2014, le TGI apportait une lueur d’espoir en validant le plan de redressement. Pour éponger ses 12 M€ de déficit, l’association a dû réduire sa masse salariale en se séparant d’une cinquantaine de collaborateurs sur un effectif global de 140. Mais ce plan de réaménagement de la dette prévu sur dix ans prévoyait surtout la vente de l’hôtel de Marseille. L’avenir de l’association était suspendu à cette cession.

Quel avenir ?

« Confrontés à des retards administratifs, nous n’avons pas pu concrétiser cette vente dans les temps. Si nous avions réussi à céder l’immeuble, nous nous en serions sortis. Aujourd’hui, nous ne pouvons plus continuer à engranger des dettes. Nous ne sommes pas parvenus à remonter notre chiffre d’affaires », déplore le secrétaire général.

Si la décision est confirmée par le tribunal, les hôtels de l’Agism pourront continuer leur activité pendant deux à trois mois. « Nous allons mettre à profit ce délai pour trouver un repreneur. Avec le président, le conseil d’administration et les instances du personnel, nous allons nous battre pour sauver les salariés. » 95 emplois sont aujourd’hui impactés.

Cette liquidation entraîne des effets collatéraux qui s’ajoutent au volet social. Au Havre, l’hôtel des Gens de mer abrite plusieurs associations et notamment le Seamen’s club. L’Agism, qui finançait les trois quarts du budget (200 000 €) de l’accueil des marins, a été contrainte de se désengager compte tenu de ses propres difficultés. Demain, le foyer des marins risque de perdre son toit. Une aberration quand on sait que l’État français a ratifié la convention internationale sur l’accueil des marins.

ST. R.

Source: www.paris-normandie.fr
27.01.2016

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