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Brest. Le Seamen’s Club, une terre toujours plus hospitalière

Une dizaine de marins philippins, une partie de l’équipage de l’« Oceanic Sirius », sont venus fêter le réveillon du 24 décembre en compagnie des bénévoles du Seamen’s Club de Brest. | Frédérique Guiziou

Les marins de commerce en escale continuent à fréquenter le Seamen’s Club. Qui, face aux nouveaux moyens de communication, doit s’adapter et proposer de nouveaux services.

5 000 ! Surligné de fluo, le chiffre se démarque, fièrement inscrit sur le grand cahier du Seamen’s Club. Où chaque marin en escale au port de Brest inscrit le nom de son navire, son pavillon, son nom de famille et sa nationalité. « En 2015, on atteint notre record avec ces 5 000 marins de 45 nationalités différentes, accueillis ou transportés par nos bénévoles, se réjouit Thierry Beisser, président du Seamen’s Club de Brest. C’est encourageant. »

3 750 en 2014, 2 400 en 2013, la hausse est en effet significative. Venus principalement des Philippines, de Madagascar et aussi de Birmanie, d’Indonésie, d’Algérie, d’Ukraine, d’Afrique ou d’Amérique du Sud, les marins de commerce ont aussi découvert, avec plaisir, un nouveau lieu, bien plus hospitalier que l’ancien.

Gratuité

Depuis juin 2015, le Seamen’s Club est hébergé dans le nouveau pôle social maritime, à la place de l’ancien bâtiment des dockers, quai de la Douane. Financés par la Région et la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF), imaginés par l’architecte Xavier Stocq, ses locaux, accueillants et confortables, sont passés de 35 m2 à 140 m2, avec une jolie terrasse fleurie en prime. Bar, billard, ping-pong, salon, canapés, bibliothèque et un coin réservé à la musique : guitares, djembé et clavier y attendent les candidats au bœuf.

« Tout ce qu’il faut pour se détendre, et tout gratuitement, continue Thierry Beisser. Sachant que la préoccupation majeure des marins, elle, n’a pas changé : joindre sa famille. »Essentiel WiFi… « Tout est allé très vite, poursuit le président en montrant les emplacements prévus pour les deux cabines téléphoniques désormais inutiles. Bientôt, les ordinateurs en libre-service seront dépassés. Près de 80 % de marins possèdent un smartphone. Ils ne s’encombrent même plus d’ordinateurs. Désormais, ils cherchent davantage à s’installer confortablement avant de dégainer leur smartphone

Des missions à imaginer

Avec la nouvelle génération de satellites à haut débit, les navires sont de plus en plus connectés. Le WiFi a fait son apparition dans les quartiers des équipages. Qui ont de moins en moins besoin de descendre à terre pour joindre leurs proches. Et donc moins besoin de fréquenter le Seamen’s Club…

Alors, si la fréquentation, en augmentation constante depuis trois ans, s’avère rassurante, cette évolution technologique amène à réfléchir sur l’avenir du Seamen’s Club. « Aucun doute, on doit offrir d’autres services, de nouvelles prestations, continue Thierry Beisser. On va donc renforcer l’animation et l’information. »

C’est pour travailler sur ces missions particulières que Charlène, 23 ans, en service civique, va rejoindre son tuteur, Alain Michel, l’unique salarié du Seamen’s Club : « En plus des infos transports ou du plan de la ville, on peut préparer de petits programmes touristiques, adaptés aux escales courtes. Ou proposer une liste des manifestations culturelles, des loisirs gratuits, que l’on peut trouver à Brest. Si c’est festif, ça marche, les Jeudis du Port plaisent beaucoup. »

« On va s’adapter ! »

Bloqués plus de deux mois à cause d’un litige avec leur employeur, les huit membres d’équipage du Karl ont ainsi pu découvrir Océanopolis. Au large de Brest, les évacuations médicales étant fréquentes, les bénévoles pensent aussi à apporter plus de soutien moral aux marins hospitalisés. Enfin, outre le service de change, qui reste essentiel, le Seamen’s Club pourrait aussi, à terme, réceptionner les colis attendus par les marins après du shopping en ligne ou assurer des transferts d’argent…

« On va s’adapter ! assure Thierry Beisser, avant de livrer une dernière anecdote significative : « Quand le Norwegian Epic, ce luxueux paquebot, avec son équipage de 1 750 personnes, est resté trois semaines en réparation, on s’attendait à être submergés. Et bien, on n’a eu presque  personne ! Ils ont tout organisé en interne. Deux marins seulement nous ont rendu visite ! »

Source: www.ouest-france.fr/
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